Taroudant mon amie, toi ma belle endormie,

Tu bâilles entre tes 9 portes des siècles qui t’ont caressées
Avant que la nuit ne s’achève,  tu te souviens du passé
Tu te souviens de cette montée des eaux, de ces enfants emportés par les flots
De cette berbère Affolée ,Encore cette nuit,  tu te souviens des sanglots
de tes origines, de cette princesse syrienne,
Qui sur le pisé de cette terre, fut reconnu Reine

Taroudant, mon amie,

De ton passé tumultueux ,tu as su garder ce parfum mystérieux
Vêtue d’ocre et de safran, belle combattante berbère,
face aux portes du désert, tu restes Frondeuse et fière
Blottie Au pied du mont Toubkal, dans l écrin des Atlas
Convoitée par les tribus du sud, tu as su gardé la place
Toi qui fut tour a tour sublime saadienne,
indépendante almohade, martyre romaine,
toujours tu restera fidèles aux couleur d’El Hiba,
Même si devant le sultan Moulay ismaïl, tu as conservé l’effroi.

Taroudant mon amie,

Laissant errer ton regard sur les plaines fertiles,
Peu a peu tu te redresses depuis ton exil

Ecoutes, écoutes  les vents s’engouffrer depuis l océan.
Murmurant à tes remparts les nouvelles du couchant.
Toi ma si belle et rebelle, mon invincible citadelle.

Oh toi, la Gardienne des tombeaux saints d’un peuple élu
protégés par tes bastions, tu restes pour tous fruit défendu.

Taroudant, mon amie

Sous tes odeurs de cannelle musc et jasmin
je rêve d une enfant qui me prend par la main,
Dans le dédale de tes rues je me perd et m’oublie
Argent ciselé, cuivre ambré, parfums épicés ,
alors j enduis ma peau d Argane et mon corps de henné
attendant l’aube, attendant la vie ,
en pensant à toi,  Taroudant mon amie.

Écrit par Olivia, le 5 mars 2012